✎ L’ascension de notre 1er sommet et la fin d’un trek inoubliable (Partie 4/4)

C’est l’ultime article de nos aventures dans les montagnes vertigineuses du Népal. Dans le 3ème article, nous vous avons laissé à notre arrivée au Thorung High Camp situé à 4934 mètres d’altitude. Il s’agit du dernier camp avant le passage du col à 5414 mètres d’altitude et c’est ici que nous rechargeons les batteries avant d’entamer la suite.

Nombreux sont les trekkeurs à s’arrêter à ce camp car le col n’est qu’à 2h30 de marche. Contrairement à la plupart d’entre eux, notre objectif pour le lendemain n’est pas le passage de ce fameux col mais la cabane en pierre situé 50 mètres avant le col. Notre guide nous annonce que nous passerons la nuit à cet endroit afin d’être au plus près du sommet que nous allons grimper dans deux jours. Notre but final est proche.

Pendant ce temps-là, nous profitons de la chaleur du refuge et nous regardons avec des yeux d’enfants la vue superbe que nous avons sur l’Himalaya, ses 3 glaciers et ses sommets, le Tsulu West, le Gangapurna, l’Annapurna III, l’Annapurna IV et le Yak Wakang.

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Par ailleurs, le doute s’installe. Est-ce nous sommes prêts ? Quelles sont les températures que nous allons affronter ? mais l’enthousiasme d’être si près du but prend le dessus.

Nous nous couchons armé de toutes les couvertures disponibles et nous mettons tous les habits que nous avons. C’est avec surprise que nous passons la nuit sans aucun souci.

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La vue depuis le camp au petit matin, sympa n’est pas ?

 

➳ En marche vers le col

En partant du High Camp, le sentier nous amenant au col du Thorong La Pass (5414m) s’effectue en peu de temps (2H30), mais non sans difficultés : car ce n’est pas la dénivelé qu’il faut affronter mais plutôt le manque d’oxygène. Nous décidons de prendre plusieurs pauses afin d’économiser notre énergie.

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Durant l’une d’elle, Steven trouve la bonne idée de faire décoller son drone. Nous sommes à 5200 mètres d’altitude et le drone n’a pas l’air d’apprécier la hauteur. Sur l’écran de l’IPhone, l’image se fige, il n’y a aucun signal. Le drone est à 5 mètres au-dessus du sol et brusquement, il fonce en direction de ce dernier. C’est la catastrophe, le guide pousse un cri et Steven aussi. Par chance, le drone n’a rien, même pas une égratignure.

Après cet événement, nous repartons et nous apercevons au loin un groupe de personnes. Il s’agit bien du col, notre arrivée sonne comme une deuxième victoire. Nous sommes à présent sur le col le plus haut du monde. Pour nous deux, l’émotion est forte, nous fêtons cette victoire avec un thé avec nos amis français.

Thorung High Camp – Thorung La Pass – 2h30 de marcheIMG_6981

Séance photo avec notre guide et notre Sherpa, un super moment.

Il est encore assez tôt, il est 10h du matin et nous devons passer la journée au col. Au début les températures sont appréciables mais très vite le vent se lève et les températures baissent.

Comme nous le disions, contrairement aux autres trekkeurs qui descendent directement une fois le col passé, nous passerons la nuit à Thorong La Pass dans un « Tea Shop ». En effet, il s’agit pour nous du lieu le plus proche de notre objectif, que nous voyons d’ailleurs de très près : Le Thorong Peak (6144m).

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Je vous présente le Thorung Peak.

Nous passons la journée à boire d’innombrable thés et des soupes à l’ail. Dans l’après-midi, notre guide organise une séance d’initiation à l’alpinisme. En effet, pour nous c’est la première fois que nous utilisons des outils comme le Jumar. L’apprentissage se fait assez facilement, nous avons à la fois hâte d’être demain mais nous sommes également stressés par ce qui nous attend.

Nous passons donc la nuit et la journée dans le Tea Shop : c’est une cabane en pierre, de 15m carré, dans laquelle nous dormons à 7 sur les banquettes servant de sièges aux randonneurs durant la journée. Nous vivons cette expérience avec ouverture d’esprit, mais elle reste néanmoins très compliquée pour nous, à cause du froid. Nous nous emmitouflons sous des couvertures, mais cela n’est pas suffisant face aux -9 degrés qu’il fait dès la nuit tombée. Nous ne fermons donc pas l’œil de la nuit.

Parler de « nuit » est bien relatif : nous nous levons à 3h du matin pour débuter notre ascension.

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Est-ce que cela se voit que nous avons froid ?

 

➳ Le jour J

Se lever à 3h du matin est difficile, la fatigue se fait ressentir, d’autant plus que nous avons mal digérés nos Dal Bath Poulet (plat traditionnel népalais) de la veille. Nous partons patraque pour notre ascension. Nous nous munissons de lampes frontales, chaussures alpines, harnais et bien sûr de l’ensemble des habits que nous possédons, et nous sortons dans le grand froid. Il fait nuit noire, -10 degrés et un vent glacial souffle sur le col. La température ressentie est à -20 degrés.

Nous suivons les pas de notre guide sur des pentes rocailleuses pouvant atteindre jusqu’à 50°. Il s’agit alors plus d’escalade que de trekking. Nous évoluons sur des chemins très glissant, avec le vide en dessous de nous. Nous glissons sur les rochers verglacés ou sur la neige qui se fait de plus en plus présente.

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Arrivés à 5700m d’altitude, nous sommes totalement dans la neige et en plein courant d’air. Nos guides enfilent leurs crampons et leurs harnais. Nous ne sommes plus dans l’effort pendant quelques instants et nos corps se refroidissent rapidement dans ce froid glacial.

Léa commence à ne plus sentir ses mains. Jusque-là, rien d’inquiétant. Le guide et moi-même tentons de l’aider à se réchauffer. Elle commence à paniquer lorsqu’elle se rend compte qu’elle est incapable de bouger ses mains. Le froid commence à envahir son corps entier. J’observe des gestes irrationnels de sa part, comme retirer ses gants et laisser ses mains à l’air libre ou s’asseoir et ne plus vouloir bouger. Léa commence à s’hyper ventiler dans cet environnement où l’oxygène est rare. Il s’agit des symptômes de l’hypothermie, qui peuvent être développés dans des environnements très froids. Le guide et moi-même décidons alors de la descendre lorsqu’elle manque de s’évanouir. La descente se fait péniblement mais heureusement notre guide est très présent, il donne à Léa sa veste, ses moufles, et la soutient tout au long de la descente, moi je reste derrière à suivre péniblement avec l’ensemble du matériel.

De retour au col, Léa se réfugie dans la tente de Sébastien, qui lui est resté sur les pentes de l’ascension avec son guide. Après un court repos, elle se sent déjà mieux mais le guide prend tout de même la décision de descendre rapidement vers le village de Muktinath (3700m). C’est la dernière étape de notre trek. Nous descendons et nous réalisons les 1800 mètres de dénivelé négative durant 3h30.

Thorung La Pass – Muktinath – 3h30 de marche

Le jour suivant, nous prenons le bus pour Jomsom, puis l’avion direction Pokhara.

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Cette expérience nous montre que la haute montagne peut être un véritable danger et que le froid n’est pas à prendre à la légère dans de telles conditions. Pour autant, nous gardons un souvenir très positif de ces 14 jours de Trek. Nous nous souviendrons de la gentillesse et de l’attention de notre guide, les conditions spartiates dans lesquelles certains népalais vivent, le partage d’expérience avec les autres trekkeurs, les paysages époustouflants du Népal et bien entendu les litres de Black Tea que nous avons bu matin, midi et soir.

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✎ Trek Népal- Le passage à l’immensité (Partie 3/4)

Dans notre dernier article, nous vous avons laissé au moment où nous avons décidé quitter les sentiers sauvages de la vallée de Nar Phu afin de faire demi-tour pour rejoindre le chemin touristique. En effet, la douleur à la hanche de Léa étant trop intense, nous avons pris la sage décision de revenir sur un itinéraire où nous pourrons avoir facilement de l’aide en cas de problème.

Pour éviter de passer trop de temps sur le récit de notre trek, nous faisons un bond dans le temps et nous nous retrouvons deux jours plus tard. Nous avons jugé important de prendre ce temps pour se reposer et voir ce qu’il en est. Par chance, c’est bien du repos que Léa avait besoin pour se remettre sur pied. Nous avons donc passé 2 jours à Chame. Situé à 2800 mètres d’altitude, c’est un village charmant où nous avons notamment profité des eaux thermales en plein air à 40°C.

Dharmasalla – Chame – 3h30 de marche

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L’eau provient directement de la terre, la température avoisine les 45°C

 

➳ Nous foulons les grandes étendues de l’Annapurna

Nous partons avec précaution en direction d’Upper Pisang (3000m) et au fur et à mesure que nous avançons dans notre trek, nous remarquons une nouvelle fois que les paysages changent. Les montagnes blanches, qui nous semblaient jusque-là très éloignées, nous entourent totalement. En effet, les sentiers que nous empruntons semblables à des plaines sont entourés de montagnes vertigineuses.

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A cette altitude nous remarquons que la végétation commence à s’appauvrir. Les arbres alors nombreux jusque-là sont visibles que par endroit. Par ailleurs, il y a une plante qui pousse sans difficulté à cette altitude, c’est le cannabis. Bien que cela soit étrange, ici cette plante est cultivée par les népalais non pas dans l’unique utilisation de la fumer mais dans la fabrication de divers choses comme de la maroquinerie. Pour la plupart, ils sont vendus à Katmandou ou Pokhara.

Chame – Upper Pisang – 5h de marche

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Nous dormons à Upper Pisang après 5h de marche et le lendemain, c’est direction Brakha. Cette étape à 3400 mètres d’altitude est connue pour les randonneurs qui souhaitent faire l’ascension d’un lac glacé à 4600 mètres d’altitude. C’est une randonnée assez difficile de 8h aller-retour avec il y a 1200 mètres de dénivelé positive à parcourir. Nous ne le ferons pas car même si Léa se sent mieux, nous ne voulons pas tenter le diable et restons 1 jour sur place pour profiter des alentours.

Upper Pisang – Brakha – 4h de marche

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➳ Des visites qui nous ont marqué.

Le lendemain, en compagnie de notre guide nous visitons dans les hauteurs du village de Brakha, un petit temple dans lequel les lamas viennent écrire les textes bouddhistes. Malheureusement, quand nous sommes arrivés devant la porte du temple, celle-ci été fermée. Nous pensions faire demi-tour à notre hôtel mais au lieu de cela, nous avons assisté à un spectacle unique. Notre guide s’est dirigé en direction d’une vallée et il s’est mis à crier de toutes ses forces des mots en népalais. C’est très étonné et mort de rire que nous lui demandons pourquoi fait-il cela. Il nous explique qu’en criant ces quelques mots, le lama devrait revenir de la montagne et venir nous ouvrir le temple. Croyez-le ou non, ce n’est pas le lama mais le concierge qui a entendu les hurlements de notre guide qui s’est déplacé pour nous ouvrir la porte juste pour le guide et nous deux. En plus de cela, nous avons eu le droit à une visite privée, n’est-ce pas génial ?

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Sur le chemin du temple, nous récoltons des prunes, elles sont un peu acide

Le jour d’après, nous partons pour Manang. Il s’agit du village le plus grand sur l’itinéraire du tour des Annapurnas. Il est niché à 3600 mètres d’altitude. Depuis Bhraka, la marche est très courte (1h) et pourtant nous arrivons essoufflé. C’est la première fois que nous ressentons l’altitude et c’est une sensation assez étrange. A croire qu’on pourrait être essouflé en laçant ses chaussures.

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Le village de Manang

La chance pour nous, c’est qu’en décidant de rebrousser chemin après nos aventures dans la vallée de Nar Phu, nous avions des jours en trop. Nous décidons alors de rester une journée avant de repartir afin de s’acclimater. Honnêtement, je pense que cela devrait être fait par tous les voyageurs car que vous soyez, petit, gros, maigre ou musclé, tout le monde est susceptible de déclencher des symptômes du mal d’altitude et ce n’est pas à prendre à la légère.

Brakha – Manang – 1h de marche

Nous ferons un article pratique où nous expliquerons comment se préparer au mal d’altitude.

Nous profitons de notre journée off pour visiter un temple en construction situé à Manang. Lorsque nous le visitons, il était en train d’être peint à la main par 5 népalais, qui esquissent des images religieuses avec une véritable précision. Ils travaillent dessus depuis déjà 11mois. Nous voyons également un népalais poser des feuilles d’or sur une statue géante de Bouddha. Une visite géniale, nous nous sommes sentis privilégié de voir ce spectacle.

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C’est impressionnant le travail qu’ils ont déjà réalisé.

 

➳ La haute montagne, c’est maintenant.

C’est à partir de Manang (3600m d’altitude) que les premières sensations de mal d’altitude peuvent se faire ressentir. Une personne sur deux est susceptible d’être touchée, et cela peut devenir un véritable handicape pour la suite du trek. L’acclimatation est donc essentielle au risque de subir d’important maux de tête, des nausées et vomissements, ou plus grave des œdèmes (pulmonaires et cérébrales). Par chance, nous n’avons pas eu à subir le mal d’altitude, peut-être aussi grâce à un couple d’Allemands expérimentés, qui nous ont conseillés de boire 4L d’eau par jour. De plus, notre itinéraire était fait de manière à ce que nous montions relativement progressivement.

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Une fois passé Manang, nous faisons la connaissance d’un couple de français qui effectuent le même périple que nous. Sébastien fait notamment l’ascension du Thorong Peak à la même date que celle que nous avons prévu. Nous poursuivons donc notre chemin ensemble. Les distances que nous parcourons sont de plus en plus courtes, mais aussi de plus en plus intenses, du fait du manque d’oxygène qui se fait ressentir, mais également à cause du froid qui est de plus en plus présent. Il s’agit de notre première immersion en haute montagne.

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Sur notre chemin, nous croisons la route des plusieurs Yaks, c’est impressionnant.

Nous marchons en direction de Ledar situé à 4200 mètres d’altitude. C’est pour nous un record. Nous ne sommes jamais monté aussi dans notre vie. Les paysages jusque-là étaient magnifiques mais là ils sont extraordinaires.

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A Ledar, nous prenons notre dernière douche chaude avant notre ascension. Le mal d’altitude ne se fait toujours pas sentir pour nous. En revanche le couple de français et notamment Amandine souffre de quelques maux de tête. Elle commande alors des thermos géantes de thé et cela passe progressivement.

La nuit est froide à 4200 mètres d’altitude, les températures chutent dans la nuit à 2°C. Notre sac de couchage 15°C est trop fin, nous prenons des couvertures supplémentaires et cela nous suffira pour bien dormir.

Manang – Ledar – 4h de marche.

➳ Nous dépassons la hauteur du Mont Blanc.

Le lendemain les choses sérieuses commencent réellement. En partance de Ledar, nous devons rejoindre le Thorung High Camp à 4944 mètres d’altitude. C’est l’étape la plus dur de notre trek. Le chemin n’est pas progressif. Par endroit il y a eu des glissements de terrain et nous devons donc parfois redescendre pour ensuite remonter. L’altitude se fait davantage ressentir que les jours précédents. Nous prenons le rythme des français devant nous et cela semble nous convenir car nous retrouvons notre souffle.

A l’arrivée, nous avons le sentiment d’avoir accompli quelque chose. Après le déjeuner, nous allons sur un promontoire et c’est officiel, nous atteignons la hauteur symbolique des 5000 mètres d’altitude.

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Nous en profitons pour mitrailler de photos ce paysage qui me laisse encore sans voix.

Ledar – Thorung High Camp – 3h30

✎ La vallée de Nar Phu, la découverte d’un chemin hors des sentiers battus (Partie 2/4)

Dans notre dernier article, nous vous avons laissé à la fin de notre première journée de trek sur les sentiers de l’Annapurna. Dans cet article, on reste au Népal et on continue le récit de cette magnifique aventure de 14 jours dans les paysages des plus hautes montagnes du monde.

Nous vous avions laissé le soir de notre arrivée au village de Timang à 2400 mètres d’altitude.  En cette fin journée, la douleur de Léa à la hanche nous inquiétait à tel point que nous avions peur d’être obligé de rebrousser chemin dès la fin du premier jour de trek.

➳ Un réveil dont on se souviendra longtemps.

A notre réveil, nous sommes quelques peu rassurés. En effet, la douleur à la hanche de Léa est toujours présente mais elle a tendance à se dissiper. Nous décidons donc de poursuivre notre chemin avec enthousiasme car nous nous apprêtons à sortir du sentier touristique pour rejoindre le magnifique village de Phu. Il s’agit d’un village tibétain très authentique, perché à 4000 mètres d’altitude et c’est notre but pour les 5 prochains jours.

Nous sortons de notre chambre pour prendre notre petit-déjeuner et nous apercevons à travers la légère brume matinale, le fameux « Manaslu », le 8ièmeplus haut sommet au monde culminant à 8156 mètres.

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Après quelques pancakes, un thé noir pour Steven et un thé au lait pour Léa, nous commençons notre journée par une marche relativement simple à travers un paysage qui change radicalement. La forêt tropicale de la veille laisse place à une belle forêt de conifères. Nous marchons en direction du village de Koto situé à 2600 mètres.

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2h30 de marche plus tard, la douleur à la hanche de Léa repointe le bout de son nez. Fort heureusement, nous arrivons au village de Koto (2600m) et nous en profitons donc pour faire notre pause thé.

➳ La découverte de la vallée de Nar Phu.

Une fois la pause prise nous entamons notre chemin en direction de Dharmasala situé à 3100 mètres d’altitude. Selon notre guide, la durée de marche pour arriver au lieu où nous dormirons est estimée à 2h30 de marche. Nous bifurquons donc hors de l’itinéraire classique et nous dirigeons vers la Vallée de Nar Phu, ouverte au tourisme depuis 2012.

Le sentier se rétrécit instantanément et nous arrivons sur un petit chemin sinueux très peu fréquenté, entre les arbres, que seuls les ânes et les porteurs empreintes.

C’est fascinant, certains passages que nous empruntons sont creusés dans les falaises de manière très artisanale : à la dynamite par les locaux eux même.

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Au fur et à mesure, la forêt devient de plus en plus dense, la cime des montagnes est cachée par les arbres et contrairement à la veille, ici nous y découvrons un environnement très différent. On se croirait dans la forêt du film Twilight. Nous apercevons même au-dessus de nos têtes à seulement quelques mètres, quelques aigles survolant la vallée.

Les chemins que nous empruntons ne sont pas toujours évidents, on grimpe 100 mètres pour en descendre 80 mètres par la suite. Ce chemin, que nous empruntons est véritable exercice physique.

Sur le chemin, nous croisons très fréquemment des porteurs. Ils alimentent en nourriture l’ensemble des petits villages de la vallée de Nar Phu. Ce sont des femmes et des hommes, le plus souvent assez âgés. Lors d’une pause nous nous asseyons à côté d’un monsieur porteur assez maigre qui devait avoir autour des 70 ans qui lui-même faisait une pause. En voyant la charge impressionnante qu’il avait avec lui, je demande par le biais de notre guide, le poids de son paquetage. Le guide nous annonce qu’il porte 85 kilos à la seule force de sa nuque. Une charge lourde mais rien d’anormal. Il nous explique que la plupart des porteurs sont payés au poids qu’ils portent et le plus souvent ils ont des sandales abimés, rafistolées avec quelques bouts de cordes.

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➳ L’arrivée au village où on va dormir.

Nous continuons notre marche pour arriver à Dharmasala non pas après 2h30 de marche mais 4h, il semblerait que notre guide se soit trompé sur la durée.

Nous découvrons un camp au milieu de la forêt. Nos hôtes, une famille visiblement plus habituée à recevoir des locaux que des touristes nous proposent de manger l’unique plat disponible, le plat national du Népal, le fameux Dal Bhat. Un mélange de riz et de lentilles, c’est le plat consommé par tous les népalais midi et soir. C’est très bon, mais c’est vrai que nous nous en sommes lassé assez rapidement !

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Nous découvrons notre cabane pour la nuit. C’est pour le coup très rudimentaire. Après 6H30 de marche, nous qui rêvions d’une douche chaude, nous avons dû nous contenter de 4 murs en bois et d’un toit en taule. Bien évidemment, perdu au milieu de la forêt, il n’y avait ni douche, ni électricité et ni toilette

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Néanmoins, cette fin de journée et nuit dans de tels conditions nous ont donné un véritable sentiment d’être hors du temps. Nos hôtes vivaient ainsi toute l’année avec le strict minimum, bravant le froid et la neige en plein hiver.

Timang – Dharmasalla  5h30 de marche

Le lendemain, malgré la beauté de ces sentiers, la douleur de Léa est trop intense. C’est sans regret mais par sécurité que nous décidons de faire demi-tour pour reprendre l’itinéraire touristique. Nous savons que si nous restons sur ce sentier en cas de problème nous ne pourrons pas appeler les secours.

✎ Nos premiers pas dans les plus hautes montagnes du monde (Partie 1/4)

Fasciné par les montagnes et sans trop savoir dans quoi nous nous embarquons, nous décidons de commencer notre « Tour du Monde » par les plus hauts sommets du monde. Nous décidons de réaliser 14 jours de trek pour faire le tour des Annapurnas.

Qu’est-ce que le tour des Annapurnas ? Les Annapurnas, c’est en réalité 6 sommets, tous avoisinants les 8000 mètres d’altitude situés dans les chaines de l’Himalaya à 200 kilomètres de l’Everest au Népal. Parmi les plus beaux treks du monde, le chemin de randonnée contourne ces sommets par l’extérieur.

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L’itinéraire prévue

Non pas que nous soyons fou ou un peu. Comme si cela ne suffisait pas, nous décidons également d’agrémenter ce parcours plutôt sportif en réalisant l’ascension du Thorong Peak, un sommet à 6144 mètres d’altitude.

Bien que très motivé, ce trek relève pour nous d’un défi physique et mental. En effet, randonneur du dimanche que nous sommes, nous venons de signer pour plus de 100 kilomètres de marche et plus de 7000 mètres de dénivelé positive cumulée.

➳ Les préparatifs

Fraichement arrivés à Katmandou, nous sommes accueillis par Lal Singh, notre guide pour les deux semaines prochaines, nous l’appellerons Lal.

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Le lendemain nous passons la journée en compagnie de notre guide à louer notre matériel d’alpinisme pour l’ascension. Nous sommes quelques peu surpris par le poids que cela représente certainement par manque de connaissance. Fort heureusement, nous partons également faire l’ascension de ce pic en compagnie d’un porteur car le matériel en dehors de nos affaires personnelles pèse pas moins de 16 kilos. Au total, en laissant des affaires à notre hôtel à Katmandou le paquetage pesait 25 kilos, le poids maximal autorisé par la loi. Une loi protège en effet les porteurs pour touristes afin d’éviter une exploitation abusive.

Nous reviendrons sur un article pratique en vous expliquant tous ce qui faut savoir pour se préparer pour un trek et pourquoi nous avons choisi un guide et porteur.

➳ Le départ

Nous partons le surlendemain de notre arrivée. Il est 6h du matin, Lal et le conducteur du taxi nous récupère à notre hôtel pour nous emmener à la gare routière des bus locaux. Nous sommes les seuls étrangers dans le bus et nous en comprenons très rapidement la raison. Ce fût notre trajet en bus le plus horrible jusqu’à aujourd’hui. 10h de bus (ou de 4×4 je ne sais pas), les portes ouvertes à manger de la poussière pour faire seulement 200km. Impossible de dormir car le bus ne cesse de klaxonner pour se signaler dans les virages et dans les doublements. Cela reste pour autant un très bon souvenir car c’était notre premier contact avec les népalais.

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Notre bolide pendant 10 heures, regardez il avait même la Wifi, la blague

Nous arrivons en vie dans le petit village de Bhulbhule (près de Besisahar) mais il est trop tard de continuer car il est 16h30 et la nuit va tomber. Le lendemain nous prenons cette fois-ci un vrai 4×4 pour terminer notre approche jusqu’à Dharapani, le début de notre trekking.

➳ La marche commence

Dès le premier jour de notre trek au départ de Dharapani, nous sommes surpris par la végétation luxuriante qui s’offre à nous, il y a beaucoup d’arbres, de petits palmiers, une très forte humidité. Nous rencontrons peu d’animaux sur notre chemin, hormis quelques petits lézards. Et oui, bien que cela soit étrange, nous sommes sous aucun doute dans une forêt tropicale.

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Les sommets blancs que nous avons hâte de découvrir ne sont pas encore visibles, la faute à un ciel voilé lors de notre premier jour. Pour autant le paysage est extraordinaire.

Nous découvrons ce jour-là, avec beaucoup de plaisir, nos premiers ponts suspendus, permettant de traverser les rivières, ornés des fameux drapeaux bouddhistes.  Certains sont assez impressionnants par leur longueur ou leur hauteur.  Steven qui n’aime pas trop la hauteur ne fait pas le malin.

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Notre guide, qui est de confession Bouddhiste, nous montre les « Mane ».

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Dans la religion bouddhiste, ces derniers ont pour vocation de porter chance à tous ceux qui se rendent dans la montagne. Nous les rencontrons dans chaque village que nous traversons. Il nous explique qu’il faut faire tourner les rouleaux tout en passant sur la gauche du Mane.

Le premier jour de trek nous marchons 4 heures pour une dénivelé de 800 mètres. La montée est progressive et sans difficulté. Nous testons pour la première fois les bâtons de marche que nous avons acheté et c’est une révélation. Nous n’imaginions pas à quel point cela pouvait aider dans l’effort.

C’est le début de la saison et nous remarquons rapidement l’absence de touristes aussi bien sur les routes que dans les lodges. Tant pis, nous faisons de plus amples connaissances avec notre guide. Nous apprenons qu’il travaille en indépendant, il occupe le job de guide de montagne 3 mois dans l’année et durant les 9 autres mois, il est fermier dans un village à 2800 mètres d’altitude dans la région de l’Everest. Rien d’anormal, les sentiers de hautes montagnes sont praticables seulement quelques mois dans l’année après la mousson et au printemps-.

Nous discutons et nous avançons à grand pas jusqu’à notre objectif, la ville de Timang à 2400 mètres d’altitude. Malheureusement, dès le premier jour de trek, surement à cause d’un trop grand enthousiasme de commencer à marcher, Léa se blesse à la hanche.

Cette blessure est un coup dur moralement car la douleur est intense et dès cette fin de première journée, nous craignons de devoir interrompre le trek.

Dharapani – Timang –  4h de marche